Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais faire un petit rappel historique : nous sommes en 1848, le roi Louis-Philippe vient d’être renversé et la République est proclamée. Alors que l’on s’apprête à instaurer le suffrage universel masculin, certains notables s’inquiètent d’être détrônés par les prolétaires. Pour les rassurer, Alexis de Tocqueville prononce alors cette phrase terrible :
« Moi, je n’ai pas peur du suffrage universel, car les électeurs voteront comme on le leur dira ! »
Près de 180 ans plus tard, cette citation reste d’une brûlante actualité. Une oligarchie financière internationale mondialisée possède désormais la quasi-totalité des grands médias ainsi que la plupart des instituts de sondage.
Par ce contrôle absolu de l’information et de l’opinion, elle choisit les candidats qui ont droit de cité dans les médias et elle nous aiguille subtilement vers le candidat de son choix.
Elle le fait avec une redoutable intelligence. Tout ce passe comme au théâtre : nous ne choisissons pas les acteurs et nous ne voyons jamais le metteur en scène.
Tout d’abord, force est de constater que parmi tous les candidats médiatisés, aucun n’est réellement menaçant pour l’oligarchie. Ils se déchirent sur des sujets d’affichage — comme l’age de la retraite, l’écologie ou l’immigration — sur lesquels ils n’ont qu’une marge de manœuvre minime dans le cadre européen mais aucun ne s’attaque aux causes profondes de notre déclin. Par exemple :
- Le libre-échange généralisé : Aucun ne le remet en cause, alors qu’il dévaste notre industrie et notre agriculture tout en faisant la fortune de l’oligarchie.
- L’appartenance à l’Union Européenne : aucun ne la conteste, ce qui condamne leurs promesses électorales à rester de simples vœux pieux.
- Le conflit en Ukraine : aucun ne propose de mesures concrètes pour rétablir la paix et engager des pourparlers sincères avec la Russie qui, ne l’oublions pas, est un pays européen regorgeant de matières premières qui nous font cruellement défaut.
Beaucoup de ces candidats, loin d’être stupides, ont sans doute conscience de ces réalités. Cependant, sachant ces sujets strictement tabous, ils sont terrorisés à l’idée d’être bannis du paysage médiatique. Alors, bon gré, mal gré, ils se conforment aux règles du jeu pour maintenir leur place dans ce système qui les nourrit grassement.
Seuls quelques rares opposants intègrent ces thématiques à leur programme, mais, exclus d’emblée des grands médias et des sondages, ils demeurent invisibles. S’ils réussissent l’exploit d’obtenir leurs 500 parrainages, ils accèdent enfin aux plateaux de télévision. Hélas, inconnus du grand public, ils se voient aussitôt catalogués comme de « petits candidats » sans importance — une étiquette promptement confirmée par les instituts de sondage —. Il ne leur reste alors qu’un mois pour convaincre des électeurs incités au « vote utile » dès le premier tour au profit des figures omniprésentes depuis plus d’un an et en tête des intentions de vote.
La désignation du vainqueur repose sur un jeu de rôle parfaitement orchestré :
- L’« extrême » droite canalise la colère des mécontents de droite.
- L’« extrême » gauche capte la frustration des mécontents de gauche.
- Le marais central, agrégat de figures modérées de tous horizons, rassemble les électeurs effrayés par la menace des « extrêmes ».
Une diabolisation méthodique vise ensuite ces « extrêmes », systématiquement qualifiés de fascistes, nazis, antisémites ou racistes, afin de bien diviser le peuple et d’empêcher toute alliance transversale.
Au terme de ce processus, l’issue est inévitable : le second tour oppose le candidat du marais central — présenté comme l’ultime rempart raisonnable — au candidat de l’un des partis « extrêmes ». Isolé contre tous, ce dernier fait face au « barrage républicain » (la fameuse politique des castors). Le candidat du marais l’emporte alors haut la main, balayant les sondages qui faisaient tous miroiter une possible victoire de l’opposition « radicale ».
Ce vainqueur n’est autre que le poulain de l’oligarchie. Il n’a même pas besoin de présenter un programme solide, il est élu par construction. Pour les électeurs ayant cru à la possibilité d’une rupture, la déception est immense. Grâce à cette mise en scène parfaitement rodée, le système néolibéral qui nous broie est assuré de perdurer et le déclin de la France peut tranquillement continuer !
En conclusion, tout est méticuleusement verrouillé pour perpétuer le système actuel. Grâce au filtre des médias dominants, les candidats présélectionnés veillent à ne jamais bousculer les intérêts de la haute finance. Le système néolibéral — sur lequel je reviendrai en détail prochainement — se trouve ainsi sanctuarisé : il garantit l’hyper-enrichissement d’une oligarchie financière internationale qui siphonne sans relâche la richesse collective. En parallèle, il préserve le confort d’une classe politique à son service (opposants institutionnels compris) tout en précipitant l’appauvrissement des citoyens et le déclin inexorable de notre pays.
Nous savons désormais à quoi nous en tenir !
Si nous cherchons un candidat prêt à renverser la table — car il faudra bien renverser la table !— nous ne le trouverons jamais dans les médias dominants.
Une méfiance absolue s’impose vis-à-vis des sondages et de tout candidat exposé dans les médias.
Doit-on pour autant désespérer ?
En juin 1940, alors que tout semblait perdu et qu’il était raillé par la quasi-totalité de la classe politique collabo, un homme a fini par renverser la vapeur.
Plus près de nous, en novembre 2024, en Roumanie, Călin Georgescu, « petit candidat » crédité d’à peine 1 % dans les sondages, créait la surprise en arrivant en tête le soir du premier tour avec 22,94 % des voix.
« Heureusement », les hauts responsables de notre « démocratie » européenne veillaient au grain : ils ont activé les leviers nécessaires pour que la Cour constitutionnelle roumaine annule le scrutin et interdise au vainqueur de se représenter, sous prétexte d’ingérence russe sur les réseaux sociaux !!!
« On l’a fait en Roumanie et il faudra évidemment le faire si nécessaire en Allemagne », a d’ailleurs reconnu Thierry Breton sur RMC (réf. 1)
Nous voilà prévenus : ils feront tout ce qui est en leur pouvoir (et ils en ont beaucoup) pour que rien ne change. Mais la vraie question demeure : sachant que la conscience des peuples s’éveille de plus en plus vite, combien de temps parviendront-ils encore à tenir les verrous ?
Je vous remercie de m’avoir lu jusqu’au bout.
Bien cordialement,
Christian TORRELL, maire de Contrazy


Je pense qu’il faut donner sa chance à Juan Branco, et lui promettre un parrainage pour l’élection présidentielle. Son programme est ficelé aux petits oignons et fait sur demandes et idées des abeilles (les plus de 25000 personnes des ruches qui grandissent un peu plus tous les jours).
Merci pour la création de ce blog où indéniablement(pas trop surprise cependant quand on connaît les valeurs d’engagement de l’auteur et son respect pour l’humain) ; l’observation, le discernement, la justesse des propos associés à l’élégance de sa plume arrivent à atteindre mon intérêt pour m’abonner à la newsletter. Un bon guide pour rester éclairée durant cette période et voter intelligemment.