Les coulisses de l’élection présidentielle

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Budgets participatifs, conseils de quartier, consultations publiques : les outils de la démocratie locale se multiplient. À quelles conditions produisent-ils des effets réels ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet je voudrais faire un petit rappel historique : nous sommes en 1848, le roi Louis-Philippe vient d’être renversé et la République est proclamée. Alors que l’on s’apprête à instaurer le suffrage universel masculin, certains notables s’inquiètent d’être détrônés par les prolétaires. Pour les rassurer, Alexis de Tocqueville prononce alors cette phrase terrible :

« Moi, je n’ai pas peur du suffrage universel, car les électeurs voteront comme on le leur dira ! »

Près de 180 ans plus tard, cette citation reste d’une brûlante actualité. Une oligarchie financière internationale mondialisée possède désormais la quasi-totalité des grands médias ainsi que la plupart des instituts de sondage.

Par ce contrôle absolu de l’information et de l’opinion, elle choisit les candidats qui ont droit de cité et, par la suite, nous aiguille subtilement vers le candidat de son choix.

Elle le fait avec une redoutable intelligence. Tout ce passe comme au théâtre nous ne choisissons pas les acteurs et nous ne voyons jamais le metteur en scène. C’est une sorte de jeu de rôle parfaitement calibré :

  • l’« extrême » droite est là pour capter et canaliser les mécontents de droite
  • l’« extrême » gauche est là pour capter et canaliser les mécontents de gauche
  • Le marais central composé de personnalités plus ou moins de droite et de gauche est érigé en meilleur rempart contre ces « extrêmes »

On veille soigneusement à ce que les « extrêmes » soient suffisamment diabolisés (qualifiées de fascistes, nazies, antisémites, racistes…) pour qu’ils deviennent infréquentables et irréconciliables au second tour.

Finalement, arrive ce qu’il doit arriver : Le candidat du parti « extrême » arrivé au second tour se retrouve seul contre tous : tout le monde fait barrage (comme les castors) et le candidat issu du marais central remporte l’élection.

Ce vainqueur n’est autre que le poulain de l’oligarchie. Grâce à cette mise en scène, le système néolibéral qui nous broie est assuré de perdurer et le déclin de la France peut tranquillement continuer !

Vous remarquerez que parmi les candidats sélectionnés, aucun ne s’attaque aux vrais problèmes qui sont à l’origine de notre déclin :

  • Aucun ne remet en cause le système du libre-échange généralisé, qui fait la fortune de l’oligarchie tout en détruisant notre industrie et notre agriculture.
  • Aucun ne nous explique comment il va protéger nos producteurs pour rendre possibles la réindustrialisation et la relance agricole de la France.
  • Aucun ne lève le voile sur son pouvoir réel au sein de l’Union européenne, ni sur les stratégies crédibles qu’il compte déployer pour appliquer ses promesses face aux traités existants.
  • Aucun ne représente les 55 % d’électeurs qui ont voté « Non » au référendum de 2005. À l’époque ces électeurs dissidents venaient de la droite à hauteur de 51% et de la gauche à hauteur de 49%, tous unis pour dire « Non ».
  • Aucun ne dénonce les mesures liberticides mises en place au niveau européen, en particulier le déploiement de l’identité et de l’euro numérique, qui construit sous nos yeux une véritable prison à ciel ouvert pour chaque citoyen.
  • Aucun ne propose de mesures concrètes pour faire la paix en Ukraine et engager des pourparlers sincères avec la Russie qui, ne l’oublions pas, est un pays européen gorgé des matières premières qui nous manquent cruellement.

Je suis certain que beaucoup d’entre eux en auraient envie, car ils ne sont pas stupides. Mais ils savent pertinemment que ces sujets sont strictement interdits et ils sont terrorisés à l’idée d’être bannis des grands médias. Alors, contre mauvaise fortune bon grès ils font tout ce qu’il faut pour rester dans cet horrible système qui les nourrit grassement.

En conclusion, tout est verrouillé pour perpétuer le modèle actuel. Par le filtre des médias dominants, les candidats qui nous sont présentés veillent à ne jamais bousculer les intérêts de la haute finance. Ce système néo-libéral — sur lequel je reviendrai en détail prochainement — est ainsi sanctuarisé : il garantit l’hyper-enrichissement d’une mafia financière internationale et mondialisée, maintient le confort de la classe politique actuelle et précipite l’appauvrissement des citoyens ainsi que le déclin inexorable de notre pays.

Nous savons désormais à quoi nous en tenir ! Méfiance absolue vis-à-vis des sondages et de tout candidat exposé dans les médias dominants.

Doit-on pour autant désespérer ?

En juin 1940, alors que tout semblait perdu et qu’il était raillé par la quasi-totalité de la classe politique, un homme a fini par renverser la vapeur.

Plus près de nous, en novembre 2024 en Roumanie, Călin Georgescu, candidat dissident, pourtant crédité d’à peine 1 % dans les sondages, créait la surprise en arrivant en tête du premier tour avec 22,94 % des voix. Mais « heureusement », les hauts responsables de notre « démocratie » européenne veillaient au grain : ils ont activé les leviers nécessaires pour que la Cour constitutionnelle roumaine annule le scrutin et interdise au vainqueur de se représenter, sous prétexte d’ingérence russe sur les réseaux sociaux.

« On l’a fait en Roumanie et il faudra évidemment le faire si nécessaire en Allemagne », a d’ailleurs textuellement reconnu Thierry Breton sur RMC (réf 1)

Nous voilà prévenus : ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour que rien ne change. Mais la vraie question demeure : sachant que la conscience des peuples s’éveille de plus en plus, combien de temps parviendront-ils encore à tenir ce verrou ?

Je vous remercie de m’avoir lu jusqu’au bout.

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